Un film mexicain d'Amat Escalante dont la venue de l'acteur principal -recruté dans la rue 2 jours avant le tournage - avait fait des vagues à Cannes. Les réactions des spectateurs dans la salle le jour de la sortie donnent une idée de ce que ce film nous envoie dans la figure. D'abord un plan fixe et interminable sur les deux héros qui marchent nonchalamment dans un lit de rivière asséché. Puis des monochromes rouges puis blancs, puis rouges, annonciateurs du drame froid et sanglant qui aura lieu vers la fin du film. Los Bastardos n'est pas un film sur l'immigration. Point besoin de montrer les horreurs qu'on dû traverser les deux jeunes Mexicains pour parvenir en Californie et vivre au jour le jour au gré des besoins de main-d'œuvre. Ici on donne à voir une journée et une nuit quasiment sans paroles. Avec Fausto et Jésus on traverse en quelques heures toutes les strates de cette frontera désintégrée. Une mère de famille seule se drogue, les jeunes sont racistes, les immigrés sont violents.
"Que puta calor".Ce sont les premiers mots de Fausto. L'accent est populaire, les mines renfrognées et les fautes de langage constantes. Les deux compères s'introduisent dans une maison d'une zone résidentielle. C'est là qu'aura lieu le drame, après une scène surréaliste dans une piscine. Le fusil à pompe dégainera presque tout seul. Le spectateur est secoué sur son siège alors que d'autres quittent la salle, le cœur soulevé par la violence du choc.
jeudi 29 janvier 2009
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