samedi 28 mars 2009

Tremblez bourgeois ! La droite prend peur

Tremblez bourgeois. La contestation sociale gauchiste gangrène petit à petit notre pays qui court à la catastrophe si rien n'est fait rapidement ! La presse de droite de ces dernières semaine s'est largement fait écho de la radicalisation des salariés contre les licenciements et les injustices liées à la crise.
On note cependant une pointe d'angoisse, de peur, de romantisme sous la plumes des rédacteurs en chefs effrayés de voir que le peuple se réveille. Le premier à faire les frais de cette peur panique est Olivier Besancenot, le facteur du NPA:

Horreur ! Le NPA voudrait "politiser" la grève, qui, comme tout le monde le sait, n'est pas politique. Ce titre est révélateur de la définition de la "politique" selon nos amis du Fig'. Pour la Pravda sarkozienne, les grèves, les manifestations ne doivent surtout pas entrer dans l'arène du champ politico-politique. Les lois et autres mesures gouvernementales risqueraient de se mettre au service du plus grand nombre.

Autre titre, Challenges, qui a sorti en février dernier un dossier intitulé -avec mesure- " l'homme sans solutions".
Le magazine contredit lui-même son titre partisan puisqu'il consacre 20 pages à Olivier Besancenot et son mouvement. Après un reportage plutôt sérieux sur le fonctionnement du NPA et l'histoire de la LCR, s'ensuit un catalogue des mesures de Besancenot classées sous trois catégories: "les propositions délirantes", "les propositions irréalistes" et "les propositions ruineuses". Citons dans cette dernière catégorie la gratuité des transports en commun qui coûterait 1,8 milliard d'euros à l'Etat. A titre de comparaison, le Crédit Agricole a reçu ces dernières années 3 milliards d'euros d'aides publiques.

Enfin la palme incontestée du titre alarmiste revient au quotidien économique La Tribune qui, le mardi 27 mars. Le journal va jusqu'à comparer la radicalisation sociale d'aujourd'hui avec les jacqueries -révoltes paysannes- du XVe siècle français, avec sur fond de flammes, un salarié de Continental, version moderne du paysan à la fourche dressée. N'en jetez plus, la plèbe est aux portes des villes, prête à faire main basse sur vos stock-options, vos femmes et vos parachutes dorés !


Les séquestrations expresses de directeurs d'usine chez 3m ou chez Sony France, les effigies brûlées chez Continental, la grève des profs - rétifs à appliquer le service minimum - ou encore les manifestations massives contre l'inique politique économique du gouvernement n'ont pourtant pas grand chose à voir avec la France de la Guerre de Cent ans, lorsque des centaines de paysans ont pris les armes pour massacrer aveuglement les nobles et piller leurs châteaux. En cause: le laxisme du roi et des nobles envers des bandes de pillards issues des armées désœuvrées entre les grandes batailles de la guerre contre les Anglais. En cause aussi, la rapacité de la noblesse seulement présente sur ses terres pour opérer des prélèvements sans se préoccuper du développement à long terme de l'économie paysanne...Comparaison absurde ? Peut-être pas...

1 commentaires:

Asty a dit…

Je me souviens encore, la larme à l'oeil, de ces unes de Challenges et du Figaro... fascinant (pour ne pas dire fascisant). J'avais pas vu celle de La Tribune, pas mal en effet!

 

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