jeudi 12 mars 2009

Le Mexique à l'honneur

Le salon du livre, detras del telon, vu des coulisses, voici ce que je tenterai de faire jusqu'à dimanche soir. Mi México lindo est en effet invité d'honneur de cette édition 2009. 38 écrivains ont fait le déplacement, des plus grands -Fuentes, Elenita Poniatowska, Volpi, Taibo II- aux écrivains mexicains en langue originaire moins connus comme la maya Briceida Cuevas Cob.
Jeudi soir lors de l'ouverture, ce fut champagne et petits four pour les écrivains, les éditeurs, les journalistes et autres pique-assiettes dont je faisais partie, en tant que pigiste non rémunéré pour le site BibliObs.com que je vous invite à vister à partir de samedi où seront en ligne des sujets vidéos préparés par Lucie Souliac, blogueuse amoureuses de livres, et moi-même. Champagne donc, même si la fête a failli être troublée par ces dangereux gauchistes d'étudiants qui ont profité de l'évènement pour revendiquer le retrait des lois Pécresse et Darcos. Etudiants et profs ont défilé sur la moquette douillet du Salon, en brandissant des pancartes "Pécresse démission".

Plus sérieusement, je n'en ai pas beaucoup parlé mais l'Université française va mal, elle est en grève et elle a bien raison ! D'ailleurs le mouvement commence a porter ces fruits, regardez.

Ma semaine littéraire mexicaine a en réalité déjà commencé depuis quelques jours:

-J'achève La Frontière de verre, un ensemble de neuf nouvelles sur la frontière Mexique Etats-Unis, de Carlos Fuentes. Et contrairement à ce que dis Libé, on n'a pas du tout l'impression de "manger du plâtre" en lisant ce livre qui trace, par portraits et par destins, le paysage du monde si particulier de la frontera. On plonge dans celui de l'exploitation avec les employées de maquiladora (usine d'assemblage), dans celui du rapport au grand frère, avec un étudiant mexicain aux Etats-Unis, et celui de la richesse à outrance avec un riche propriétaire, Leonardo Barroso. Je vous recommande cette vidéo de l'INA où Fuentes, écrivain et ambassadeur du Mexique - évoque en 1989 avec brio la relation dialectique entre les Etats-Unis et l'Amérique latine.

-Je poursuis également par à coups Le rêve mexicain de Le Clézio, qui décrit brillamment le naufrage de la civilisation aztèque, et la perte colossale pour l'humanité que représente la fin de cette culture face à la barbarie des conquérants.



-Et enfin je fréquente assidûment les ors de la Maison de l'Amérique latine où les mexicaines liftées viennent se pavaner devant l'excellent Jorge Volpi et ses amis écrivains et éditeurs (Martin Solares, Guadalupe Nettel, Diego Rabasa et Alain Paul Mallard) qui ont dressé mercredi soir un panorama assez flippant de l'état de l'édition, de la télévision et du niveau de violence de leur pays. Tout ceci dans un espagnol tellement parfait que les trois francophones de la salle sont partis devant la paresse des invités à parler en français. Après on se demande pourquoi les écrivains mexicains s'exportent si mal en dehors du monde hispanique, ouvrez-vous au monde les gars !
Bon, une phrase marrante pour ceux qui n'étaient pas là. Martin Solares a parlé de la culture à la télé: "Au Mexique, lorsque l'audience d'un JT baisse, la présentatrice remonte sa mini-jupe".

En attendant les rencontres avec les auteurs, à partir de vendredi, j'ai rêvé, tout petit, devant le mur de livres mexicains affichés par l'Ambassade du Mexique au Salon. L'un a particulièrement retenu mon attention: un livre sur le quartier de Tepito, ponctué de portraits sur les habitants tous plus fous et plus colorés les uns que les autres.

Et pour se mettre dans le bain, je vous oblige, vous supplie, vous prie, de lire l'article du prix Nobel de littérature 2009 dans Le Monde d'aujourd'hui. Car quel autre écrivain francophone sait mieux parler du Mexique que Jean-Marie Le Clezio ? C'est beau, c'est fluide et en même temps consistant. Cette ode réaliste au Mexique vaut mieux que tout mes billets de blog multipliés par 1000. Alors je me tais et vous laisse lire, c'est ici.

2 commentaires:

Eduardo a dit…

Bravo Raphaël, super post! Félicitations!

la mobilisation continue a dit…

L'idée selon laquelle le gouvernement recule sur les réformes de l'enseignement est une intox à seule fin de décrédibiliser le mouvement. Il n'y a eu en réalité que de minuscules ajustements qui laissent entiers les problèmes majeurs auxquels étudiant-e-s et enseignant-e-s sont confronté-e-s. Sur le fond, le processus de casse de l'enseignement public est en marche, il faut plus que jamais être mobilisé-e-s et solidaires de la maternelle à l'université (et ne pas prendre pour argent comptant ce qu'on lit dans les journaux, fût-ce le Monde).