dimanche 8 mars 2009

Tanger, de l'autre côté du détroit de Gibraltar

Une semaine après l'escapade andalouse, nous voilà au Maroc, à Tanger, visible depuis l'extrême sud de l'Espagne. Le voyage en Andalousie a constitué une transition culturelle douce vers le monde arabe, comme vous avez pu le voir dans le billet précédent. Quinze kilomètres plus loin, passé le détroit de Gibraltar - de"Jebel Tarik", le mont de Tarik, le général arabe qui conquit le sud de l'Espagne au VIIIe siècle - le décor change peu. Le paysage y est toujours très méditerranéen: collines verdoyantes et humides, larges plaines côtières et maisons tout en hauteur, voilà à quoi ressemble la côte tangéroise.
SAUF QUE, la culture est autre. Cette première visite dans un pays arabo-musulman, même si elle fut courte, rapide, superficielle même, peut-être, ne m'a pas laissé indifférent.
Impression numéro 1: l'appel à la prière qui résonne. Cette rumeur plaintive, à laquelle on n'échappe pas, a lieu 5 fois par jour, impossible d'y échapper, même à 5h du matin.
Autre dépaysement, le roi. Vous mangez un tajine, il vous regarde. Vous entrez dans un café, il vous regarde, vous allez chez l'opticien, Mohamed VI vous regarde encore et toujours ! Le front de mer porte son nom, de grandes affiches l'exposent en photo, sa majesté est partout, mais gare à trop d'impertinence. Le directeur de Tel Quel, hebdomadaire marocain de gauche, en a fait l'amère expérience l'été dernier après un éditorial peu favorable au jeune monarque. Résultat, interrogatoire de police et destruction des exemplaires du numéros de la semaine !
Enfin les rues de Tanger se transforment en fourmilière entre 18h et 20. Les cafés se remplissent d'hommes, les femmes voilées pressent le pas dans les ruelles sombres et tortueuses de la Kasba et la Médina. Tandis que des agents en ciré blanc font semblant de réguler la circulation dans un Tanger en travaux.

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